La TVA hôtel soulève des questions très concrètes : quel taux pour la nuitée, le petit-déjeuner, le spa ou la taxe de séjour ? La réponse n’est pas unique, car un hôtel cumule plusieurs activités — hébergement, restauration, bien-être, stationnement — et chacune relève d’un taux différent. Ce guide 2026 s’adresse aussi bien aux hôteliers, qui doivent paramétrer leur facturation sans erreur, qu’aux voyageurs qui veulent comprendre leur note.

La règle de base est stable : la prestation d’hébergement hôtelier est soumise au taux réduit de 10 % (article 279 du Code général des impôts). Mais dès que l’on sort de la simple nuitée, il faut décomposer la facture : petit-déjeuner facturé à part, bouteille de vin au bar, soin au spa et taxe de séjour n’obéissent pas au même régime. Voici le tour d’horizon complet, avec exemples chiffrés et tableaux de calcul.

TVA hôtel : le taux de 10 % pour l’hébergement en 2026

Les prestations d’hébergement des hôtels, résidences de tourisme, villages de vacances et campings classés sont soumises au taux intermédiaire de 10 %. Concrètement, une nuit à 120 € TTC correspond à 109,09 € HT et 10,91 € de TVA collectée par l’hôtel. Ce taux couvre la chambre et les services indissociables du séjour : linge, ménage quotidien, réception, accès aux parties communes.

Seule exception géographique : en Corse, l’hébergement hôtelier est soumis au taux particulier de 2,1 % pour les séjours de 30 nuits maximum. Si vous exploitez un établissement sur l’île, vérifiez que votre logiciel de caisse applique bien ce taux dérogatoire.

Attention à ne pas étendre le 10 % à toute la facture par réflexe : le spa, le parking ou la location de salle de séminaire relèvent du taux normal de 20 %. Chaque ligne doit porter son taux propre.

TVA hôtel : petit-déjeuner inclus ou facturé à part ?

Le petit-déjeuner est le cas d’école de la TVA hôtel, et la règle dépend de sa présentation. Inclus dans un prix forfaitaire (formule « nuit + petit-déjeuner »), il fait partie de la prestation unique d’hébergement : l’ensemble est taxé à 10 %. Facturé séparément, il devient une prestation de restauration distincte : 10 % s’il est consommé sur place, 5,5 % pour des produits alimentaires vendus à emporter pour une consommation différée.

Exemple chiffré pour une nuit à 120 € TTC et un petit-déjeuner à 12 € TTC :

Formule Prix TTC Taux TVA Prix HT Montant TVA
Forfait nuit + petit-déjeuner 132,00 € 10 % 120,00 € 12,00 €
Nuit + petit-déjeuner facturé à part 132,00 € 10 % / 10 % 120,00 € 12,00 €

Ici le résultat est identique car le petit-déjeuner sur place est lui aussi à 10 %. La distinction compte dès que des produits à 5,5 % ou des boissons alcoolisées à 20 % entrent dans la formule. Le forfait simplifie la comptabilité ; la facturation séparée offre plus de transparence au client.

Restaurant, bar et room service : la TVA hôtel suit la restauration

Pour le restaurant, le bar ou le room service de l’hôtel, ce sont les règles de la TVA restauration qui s’appliquent : 10 % pour les repas et boissons non alcoolisées consommés sur place, 20 % pour les boissons alcoolisées. Un menu à 45 € TTC (hors alcool) donne 40,91 € HT et 4,09 € de TVA ; une bouteille de vin à 30 € TTC au bar donne 25,00 € HT et 5,00 € de TVA à 20 %. Le mini-bar suit la même logique : softs à 10 %, mini-bouteilles d’alcool à 20 %.

Une même facture cumule donc souvent des lignes à 10 % et à 20 %. L’hôtelier peut soit appliquer le taux propre à chaque produit (ventilation précise, recommandée), soit appliquer le taux le plus élevé à l’ensemble (simplification admise). Le room service est assimilé à de la restauration sur place : 10 % hors alcool.

Lire la suite : les taux de TVA en restauration en 2026

Si l’hôtel vend des plats à emporter pour consommation différée (spécialités sous vide à la boutique), c’est le taux de 5,5 % des produits alimentaires qui s’applique : un coffret à 11 € TTC correspond à 10,43 € HT et 0,57 € de TVA. Chaque canal de vente a son taux, même au sein du même établissement — d’où l’importance d’un paramétrage rigoureux de la caisse.

Services annexes : quand la TVA hôtel passe à 20 %

Toutes les prestations qui ne sont ni de l’hébergement ni de la restauration relèvent du taux normal de 20 % : spa et soins, piscine en accès payant distinct, parking, salle de sport, location de salle de séminaire, blanchisserie. Un soin au spa à 80 € TTC correspond à 66,67 € HT et 13,33 € de TVA ; un parking à 15 € TTC par jour donne 12,50 € HT et 2,50 € de TVA ; une salle de réunion à 300 € TTC génère 250 € HT et 50 € de TVA.

Pour retrouver le prix HT depuis le TTC, divisez par 1,10 (taux à 10 %) ou par 1,20 (taux à 20 %). L’erreur classique consiste à calculer la TVA comme 10 % ou 20 % du prix TTC : c’est faux, car le TTC inclut déjà la taxe. Un spa à 120 € TTC, c’est 100 € HT et 20 € de TVA — pas 24 €.

Lire la suite : convertir un prix HT en TTC et inversement

Ces prestations doivent figurer sur des lignes distinctes de la facture, avec leur taux propre. Pour les forfaits « tout compris » à prix global sans ventilation possible, l’administration admet le taux de la prestation principale (généralement 10 %), mais dès que les prestations annexes sont identifiables, la ventilation redevient obligatoire.

Taxe de séjour : hors champ de la TVA hôtel

La taxe de séjour n’est pas une recette de l’hôtel : c’est une taxe locale collectée pour le compte de la commune, et l’hôtelier n’est qu’un intermédiaire. Conséquence : la taxe de séjour au réel n’est pas soumise à la TVA et n’entre pas dans la base d’imposition. Elle figure sur une ligne distincte, après le total TTC des prestations.

Exemple : dans une commune où la taxe est de 2,53 € par personne et par nuit, un couple séjournant 3 nuits paie 2,53 × 2 × 3 = 15,18 €, ajoutés sous le total TTC, sans aucune TVA. L’hôtel doit afficher le tarif de façon visible dans l’établissement et reverser les sommes à la collectivité selon le calendrier local.

Attention au régime de la taxe de séjour forfaitaire : les sommes dues à ce titre par les hôteliers sont, elles, incluses dans la base d’imposition à la TVA. Vérifiez avec votre comptable quel régime applique votre commune.

Bon à savoir : certaines personnes sont exonérées de la taxe de séjour — les mineurs, les titulaires d’un contrat de travail saisonnier employés dans la commune, les personnes en hébergement d’urgence ou relogement temporaire. L’hôtelier doit donc vérifier, pour chaque client, si la taxe s’applique avant de l’ajouter à la facture.

Acomptes et TVA hôtel : l’exigibilité à l’encaissement

Il est courant de demander un acompte à la réservation, souvent 30 % du séjour. Pour les prestations de services comme l’hébergement, la TVA devient exigible dès l’encaissement de l’acompte. Un acompte de 99 € TTC (30 % d’un séjour à 330 € TTC) génère immédiatement 9 € de TVA à 10 % (99 ÷ 1,10 = 90 € HT), à déclarer sur la période d’encaissement ; le solde donnera lieu au complément au règlement final.

Si le client annule et que l’acompte est conservé comme indemnité d’annulation contractuelle, il n’est pas soumis à la TVA car il ne rémunère aucune prestation. Transformé en avoir pour un futur séjour, il reste en revanche taxable. La qualification juridique des sommes conservées détermine leur traitement fiscal.

Lire la suite : TVA sur les acomptes : règles de facturation

Pour les réservations via une plateforme, l’exigibilité suit l’encaissement effectif par l’hôtelier. Un bon logiciel de gestion hôtelière automatise ce suivi en générant les factures d’acompte avec la TVA correspondante.

Facturation : les mentions obligatoires pour la TVA hôtel

Une facture d’hôtel doit mentionner : date, numéro unique, identité du prestataire (avec numéro de TVA intracommunautaire), identité du client, désignation précise de chaque prestation, prix unitaire HT, taux de TVA par ligne, montant de la taxe par taux, totaux HT, TVA et TTC. Pour la TVA hôtel, soignez la désignation (« Nuitée chambre double du 12/10/2026 — TVA 10 % ») et ventilez le total de TVA par taux. Une facture est obligatoire au-delà de 25 € TTC, et le client peut toujours l’exiger en deçà.

Lire la suite : mentions obligatoires sur une facture en 2026

Exemple de facture pour 2 nuits, petits-déjeuners facturés à part, un soin spa et la taxe de séjour :

Prestation Prix HT TVA Prix TTC
2 nuits chambre double (TVA 10 %) 218,18 € 21,82 € 240,00 €
2 petits-déjeuners à part (TVA 10 %) 21,82 € 2,18 € 24,00 €
1 soin spa 1h (TVA 20 %) 66,67 € 13,33 € 80,00 €
Sous-total prestations 306,67 € 37,33 € 344,00 €
Taxe de séjour (2 pers. × 2 nuits × 2,53 €) — hors champ TVA — — 10,12 €
Total à régler 354,12 €

La taxe de séjour apparaît bien sous le sous-total TTC, sans TVA : c’est la présentation exigée.

TVA hôtel et plateformes : Booking, Airbnb, Expedia

Quand un hôtel vend via Booking.com ou Expedia, la plateforme prélève une commission (15 à 20 %) et la facture à l’hôtelier — une facture distincte de celle adressée au client. Ces commissions de plateformes étrangères relèvent de l’autoliquidation : l’hôtelier assujetti déclare lui-même la TVA française à 20 % sur la commission et la déduit simultanément (opération neutre s’il est pleinement assujetti, mais à faire figurer sur la déclaration). Sans numéro de TVA intracommunautaire communiqué, la plateforme applique la TVA de son pays (21 % néerlandaise pour Booking).

À noter en 2026 : Airbnb généralise depuis octobre une commission unique de 15,5 % prélevée sur l’hôte. Pour un loueur assujetti, c’est le montant brut de la réservation qui sert de base à la TVA à 10 % sur l’hébergement, la commission restant une charge distincte en autoliquidation.

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Côté entreprises : la TVA sur les frais d’hôtel des salariés en déplacement n’est en principe pas déductible pour l’hébergement (sauf gardiennage et sécurité), mais elle l’est pour les repas d’affaires, sur facture mentionnant la TVA. Demandez toujours une facture détaillée plutôt qu’un simple ticket.

Hôtel, para-hôtellerie et location meublée : la frontière de la TVA

La location meublée est en principe exonérée de TVA, mais elle bascule au taux de 10 % — comme la TVA hôtel — quand le loueur fournit au moins 3 des 4 prestations para-hôtelières : petit-déjeuner, nettoyage régulier, linge de maison, réception de la clientèle (une réception numérique réellement opérante peut suffire ; une simple boîte à clés, non).

Deux garde-fous : la franchise en base (pas de TVA facturée sous 85 000 € de recettes d’hébergement sur l’année précédente, avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ») et la réalité de l’exploitation, qui prime sur l’étiquette commerciale. Pour un hôtelier traditionnel, l’assujettissement va de soi ; la question se pose surtout pour les gîtes, chambres d’hôtes et résidences diversifiant leur offre.

Lire la suite : TVA et location meublée : les règles 2026

TVA hôtel : tableau récapitulatif des taux 2026

Prestation Taux de TVA 2026
Nuitée d’hôtel, résidence de tourisme, camping classé 10 %
Forfait « nuit + petit-déjeuner » à prix global 10 % sur l’ensemble
Petit-déjeuner facturé séparément, sur place 10 %
Restaurant, room service (hors alcool) 10 %
Boissons alcoolisées (bar, mini-bar, restaurant) 20 %
Spa, soins, piscine payante, salle de sport 20 %
Parking de l’hôtel 20 %
Location de salle de séminaire 20 %
Taxe de séjour au réel Hors champ TVA
Hébergement en Corse (≤ 30 nuits) 2,1 %
Commission plateforme (assujetti) Autoliquidation à 20 %

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FAQ : vos questions sur la TVA hôtel

Quel est le taux de TVA pour un hôtel en 2026 ?

La TVA hôtel sur l’hébergement est de 10 % (article 279 du CGI) : nuitée, linge, ménage, réception. En Corse, un taux particulier de 2,1 % s’applique aux séjours de 30 nuits maximum.

Le petit-déjeuner inclus dans la chambre est-il à 10 % ?

Oui : dans un prix forfaitaire, l’ensemble nuit + petit-déjeuner est taxé à 10 %. Facturé séparément, il suit son taux propre : 10 % sur place, 5,5 % pour des produits à emporter.

La taxe de séjour est-elle soumise à la TVA ?

Non : la taxe de séjour au réel est hors champ TVA. Elle figure sur une ligne distincte après le total TTC. L’hôtel la collecte uniquement pour le compte de la commune.

Puis-je récupérer la TVA sur mes frais d’hôtel en déplacement ?

Pour l’hébergement, non en règle générale (sauf gardiennage et sécurité). Pour les repas d’affaires, oui, sur présentation d’une facture mentionnant la TVA.

Quelle TVA sur les commissions Booking ou Airbnb ?

Autoliquidation à 20 % : l’hôtelier assujetti déclare et déduit lui-même la TVA française sur la commission. Communiquez votre numéro de TVA intracommunautaire à la plateforme.

Hôtel ou para-hôtellerie : quelle différence de TVA ?

L’hôtel est assujetti de plein droit à 10 %. Un meublé proposant 3 des 4 prestations para-hôtelières (petit-déjeuner, ménage, linge, réception) est lui aussi soumis à 10 %, sauf franchise en base sous 85 000 € de recettes.

Un acompte versé à la réservation est-il taxé ?

Oui : la TVA est exigible dès l’encaissement. Un acompte de 99 € TTC génère 9 € de TVA à 10 % immédiatement. Conservé comme indemnité d’annulation contractuelle, il n’est en revanche pas taxable.

Conclusion

La TVA hôtel tient en un principe simple — 10 % pour l’hébergement — et une mise en œuvre exigeante : ventiler chaque prestation annexe à son taux propre, traiter la taxe de séjour hors champ, suivre les acomptes dès leur encaissement et autoliquider la TVA sur les commissions des plateformes. Pour les hôteliers, une facturation rigoureuse est le meilleur rempart en cas de contrôle fiscal ; pour les voyageurs, une facture détaillée permet de comprendre ce que l’on paie vraiment. Retenez les trois chiffres clés de 2026 : 10 % pour la nuit et la restauration non alcoolisée, 20 % pour l’alcool et les services annexes, aucune TVA sur la taxe de séjour.